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Dimanche 8 Avril 2012 à 15:17

ROME – Homélie de Benoît XVI de la veillée pascale dans la nuit du 7 avril 2012, à la basilique Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs!

Pâques est la fête de la nouvelle création. Jésus est ressuscité et ne meurt plus. Il a enfoncé la porte vers une vie nouvelle qui ne connaît plus ni maladie ni mort. Il a pris l’Homme en Dieu lui-même. « La chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu » avait dit Paul dans la Première Lettre aux Corinthiens (15, 50). L’écrivain ecclésiastique Tertullien, au IIIe siècle, en référence à la résurrection du Christ et à notre résurrection avait l’audace d’écrire : « Ayez confiance, chair et sang, grâce au Christ vous avez acquis une place dans le Ciel et dans le royaume de Dieu » (CCL II 994). Une nouvelle dimension s’est ouverte pour l’Homme. La Création est devenue plus grande et plus vaste. Pâques est le jour d’une nouvelle création, c’est la raison pour laquelle en ce jour l’Église commence la liturgie par l’ancienne création, afin que nous apprenions à bien comprendre la nouvelle. C’est pourquoi, au début de la Liturgie de la Parole durant la Vigile pascale, il y a le récit de la création du monde.

L’Homme jaillit de la lumière de Dieu

En relation à cela, deux choses sont particulièrement importantes dans le contexte de la liturgie de ce jour. En premier lieu, la Création est présentée comme un tout dont fait partie le phénomène du temps. Les sept jours sont une image d’une totalité qui se déroule dans le temps. Ils sont ordonnés en vue du septième jour, le jour de la liberté de toutes les créatures pour Dieu et des unes pour les autres. La Création est donc orientée vers la communion entre Dieu et la créature ; elle existe afin qu’il y ait un espace de réponse à la grande gloire de Dieu, une rencontre d’amour et de liberté. En second lieu, durant la Vigile pascale, du récit de la Création, l’Église écoute surtout la première phrase : « Dieu dit : ‘Que la lumière soit’ ! » (Gen 1, 3). Le récit de la Création, d’une façon symbolique, commence par la création de la lumière. Le soleil et la lune sont créés seulement le quatrième jour. Le récit de la Création les appelle sources de lumière, que Dieu a placées dans le firmament du ciel. Ainsi il leur ôte consciemment le caractère divin que les grandes religions leur avaient attribué. Non, ce ne sont en rien des dieux. Ce sont des corps lumineux, créés par l’unique Dieu. Ils sont en revanche précédés de la lumière par laquelle la gloire de Dieu se reflète dans la nature de l’être qui est créé.

“La lumière rend possible la vie”

Qu’entend par là le récit de la Création ? La lumière rend possible la vie. Elle rend possible la rencontre. Elle rend possible la communication. Elle rend possible la connaissance, l’accès à la réalité, à la vérité. Et en rendant possible la connaissance, elle rend possible la liberté et le progrès. Le mal se cache. La lumière par conséquent est aussi une expression du bien qui est luminosité et créé la luminosité. C’est le jour dans lequel nous pouvons œuvrer. Le fait que Dieu ait créé la lumière signifie que Dieu a créé le monde comme lieu de connaissance et de vérité, lieu de rencontre et de liberté, lieu du bien et de l’amour. La matière première du monde est bonne, l’être même est bon. Et le mal ne provient pas de l’être qui est créé par Dieu, mais existe en vertu de la négation. C’est le « non ».

La résurrection de Jésus: nouveau jour de Dieu

À Pâques, au matin du premier jour de la semaine, Dieu a dit de nouveau : « Que la lumière soit ! ». Auparavant il y avait eu la nuit du Mont des Oliviers, l’éclipse solaire de la passion et de la mort de Jésus, la nuit du sépulcre. Mais désormais c’est de nouveau le premier jour -­ la Création recommence entièrement nouvelle. « Que la lumière soit ! », dit Dieu, « et la lumière fut ». Jésus se lève du tombeau. La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge. L’obscurité des jours passés est dissipée au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu. Ceci, toutefois, ne se réfère pas seulement à lui ni à l’obscurité de ces jours. Avec la résurrection de Jésus, la lumière elle-même est créée de façon nouvelle. Il nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité. Il est le nouveau jour de Dieu, qui vaut pour nous tous.

Mais comment cela peut-il arriver ? Comment tout cela peut-il parvenir jusqu’à nous de façon que cela ne reste pas seulement parole, mais devienne une réalité dans laquelle nous sommes impliqués ? Par le sacrement du Baptême et la profession de foi, le Seigneur a construit un pont vers nous, par lequel le nouveau jour vient à nous. Dans le Baptême, le Seigneur dit à celui qui le reçoit : Fiat lux - que la lumière soit. Le nouveau jour, le jour de la vie indestructible vient aussi à nous. Le Christ te prend par la main. Désormais tu seras soutenu par lui et tu entreras ainsi dans la lumière, dans la vraie vie. Pour cette raison, l’Église primitive a appelé le Baptême « photismos » – ­ illumination.

La menace de l’obscurité

Pourquoi ? L’obscurité vraiment menaçante pour l’Homme est le fait que lui, en vérité, est capable de voir et de rechercher les choses tangibles, matérielles, mais il ne voit pas où va le monde et d’où il vient. Où va notre vie elle-même. Ce qu’est le bien et ce qu’est le mal. L’obscurité sur Dieu et sur les valeurs sont la vraie menace pour notre existence et pour le monde en général. Si Dieu et les valeurs, la différence entre le bien et le mal restent dans l’obscurité, alors toutes les autres illuminations, qui nous donnent un pouvoir aussi incroyable, ne sont pas seulement des progrès, mais en même temps elles sont aussi des menaces qui mettent en péril nous et le monde. Aujourd’hui nous pouvons illuminer nos villes d’une façon tellement éblouissante que les étoiles du ciel ne sont plus visibles. N’est-ce pas une image de la problématique du fait que nous soyons illuminés ? Sur les choses matérielles nous savons et nous pouvons incroyablement beaucoup, mais ce qui va au-delà de cela, Dieu et le bien, nous ne réussissons plus à l’identifier. C’est pourquoi, c’est la foi qui nous montre la lumière de Dieu, la véritable illumination, elle est une irruption de la lumière de Dieu dans notre monde, une ouverture de nos yeux à la vraie lumière.

La symbolique du cierge pascal

Chers amis, je voudrais enfin ajouter encore une pensée sur la lumière et sur l’illumination. Durant la Vigile pascale, la nuit de la nouvelle Création, l’Église présente le mystère de la lumière avec un symbole tout à fait particulier et très humble : le cierge pascal. C’est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière. En second lieu, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est du feu. Le feu est une force qui modèle le monde, un pouvoir qui transforme. Et le feu donne la chaleur. Là encore le mystère du Christ se rend à nouveau visible. Le Christ, la lumière est feu, il est la flamme qui brûle le mal transformant ainsi le monde et nous-mêmes. « Qui est près de moi est près du feu », exprime une parole de Jésus transmise par Origène. Et ce feu est en même temps chaleur, non une lumière froide, mais une lumière dans laquelle se rencontrent la chaleur et la bonté de Dieu.

L’Église existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde

Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est du en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde.

Prions le Seigneur à présent de nous faire expérimenter la joie de sa lumière, et prions-le, afin que nous-mêmes nous devenions des porteurs de sa lumière, pour qu’à travers l’Église la splendeur du visage du Christ entre dans le monde (cf. LG 1).

Amen.

Crédit photo : news.va

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Mercredi 21 Mars 2012 à 15:15

« Si je ne travaille pas, papa me punit » : c’est la réalité qui affecte plus de 15 000 enfants dans la ville de Quito (Équateur), exploités en tant que vendeurs ambulants dans les rues. Selon l’Institut de l’enfance et de la famille (Instituto de la Niñez y la Familia – INFA), 63% de ces mineurs travaillent plus de 40 heures par semaine. Derrière cette réalité, se cachent des problèmes de mauvais traitement dans les familles et de la part des mafias qui obligent les enfants en question à vendre des bombons, des fleurs et à jouer des instruments tels que la guitare, la flûte ou l’harmonica ou bien à s’improviser jongleurs aux coins des rues ou dans les autobus.

Dès l’âge de cinq ans

Bien que l’article 136 du Code du travail prévoit 15 ans comme âge minimum pour commencer à travailler dans le pays, les enfants commencent à le faire quand ils ont cinq ans. La plupart des enfants, soit 90% d’entre eux, ne vivent pas à Quito, mais arrivent d’autres provinces. Selon la police spécialisée chargée des enfants et des adolescents (DINAPEN), nombre sont ceux qui proviennent de Cotopaxi, Chimborazo et Manabí. Le directeur du Centre du jeune travailleur (CMT) signale que le travail infantile est lié aux conditions de pauvreté existant dans le pays.

Privés de leur enfance

Le Centre qualifie ce phénomène d’instrument qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité outre à mettre en danger leur développement physique et psychologique. Des données de l’INFA il ressort qu’au cours de ces 10 dernières années, le travail dans la rue demande un investissement de « seulement » 5% qui, par rapport au produit de la vente de bombons par exemple, n’est rien. Il s’agit également de l’un des facteurs influençant l’augmentation du travail des mineurs. La DINAPEN a indiqué que les enfants gagnent de 12 à 68 dollars par jour pour un revenu mensuel compris entre 100 et 1800 dollars, somme qui ne leur reste pas, mais est remise à ceux qui les exploitent.

À ce triste panorama, vient s’ajouter celui connu sous le terme de « travaux invisibles » dans le cadre desquels les mineurs sont exploités afin de charger et de décharger des matériaux lourds, des denrées alimentaires et du bois. Selon la DINAPEM, ils représentent 25% du total. On remarquera que le travail augmente de 25% lors des fêtes de Noël, à la Saint Valentin et à la fête des Mères.

D’après la publication d’Agence Fides, datée du 20 mars 2012.
Photo: Santiago González / Source: http://www.ciudadaniainformada.com

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Vendredi 2 Mars 2012 à 14:11

Comment reconnaître tout ce qu’apportent les femmes à l’ensemble de la société ? Bien sûr dans la vie de famille, mais aussi dans la science et les arts, la médecine et l’enseignement, ou la politique. Dans l’Église aussi les femmes apportent une inestimable action au service de la mission du Christ.

Par le père Frédéric Fornos, s.j.

Dès le départ Jésus a accueilli des femmes comme disciples, ce qui était nouveau dans la société de l’époque. Marie, la mère de Jésus, a eu une place majeure auprès des Apôtres et de la communauté primitive comme en attestent les évangiles. C’est à une femme, Marie de Magdala, que Jésus confie la mission d’annoncer sa résurrection à ses frères. L’apôtre Paul dit : « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave ni homme libre ; il n’y a ni masculin ni féminin ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Gal 3, 27-28). Tout au long de l’Histoire les femmes ont apporté un réel dynamisme spirituel : Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne, Thérèse de Lisieux, reconnues « docteurs de l’Église », et d’innombrables saintes.

L’Église nous demande de prier pour la reconnaissance de la contribution des femmes. Elle y travaille. Elle se bat dans de nombreux pays pour leur dignité et leurs droits. Elle veut faire valoir l’œuvre des femmes pour la famille, l’éducation, la vie associative, les soins aux enfants, aux parents âgés, domaines moins valorisés qu’une activité professionnelle… lucrative. L’Église souhaite tout autant leur présence dans le monde du travail, politique, à des postes de responsabilité.

Jean-Paul II a admiré les femmes « qui se sont consacrées à la défense de la dignité de la condition féminine » (Lettre aux femmes , 1995, n°6). Il pensait qu’une société où elles peuvent honorer toutes les dimensions de leur être est une société qui « allait bien ». Pour lui, les femmes peuvent contribuer « à manifester les contradictions d’une société organisée sur les seuls critères de l’efficacité et de la productivité » et obliger « à redéfinir les systèmes, au bénéfice des processus d’humanisation qui caractérisent la “civilisation de l’amour” » (Ibid., n°4).

Puisque l’Église nous appelle ce mois-ci à prier « pour la reconnaissance de la contribution des femmes », commençons par reconnaître leur place en son propre sein. Première évidence : sans la participation active des femmes, la communauté chrétienne, si elle était une entreprise, serait en faillite. Comment vivre la complémentarité, sans faire de la tradition un rempart qui nous empêche d’avancer ? Quels ministères reconnus pour les laïcs, et particulièrement pour les femmes, peuvent être promus ? Comment avancer ensemble sans projeter les uns sur les autres nos peurs et vivre d’une réelle liberté intérieure ?

Prions ce mois-ci pour la reconnaissance de la contribution des femmes à la société, partout dans le monde, mais n’oublions pas de demander au Seigneur d’éclairer son Église, dans la docilité à l’Esprit Saint, pour trouver de nouveaux chemins pour aujourd’hui.

Source: Apostolat de la prière
Crédit photo: OPM - Canada francophone

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Mercredi 8 Février 2012 à 14:05

À l’occasion de l’année jubilaire dédiée à Pauline Jaricot, pour le 150e anniversaire de sa mort, retrouvez ci-dessous la prière pour sa béatification.

Seigneur,
Tu as inspiré à Pauline-Marie Jaricot
la fondation de la Propagation de la foi
et du Rosaire vivant
ainsi que son total engagement
pour le monde ouvrier.
Daigne hâter le jour où l’Église
pourra célébrer la sainteté de sa vie.
Fais que son exemple
entraîne un plus grand nombre de chrétiens
à se dépenser pour l’Évangile,
afin que les hommes et les femmes
de notre temps et tous les peuples
découvrent ton amour infini,
manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles.
Amen.

À noter: la béatification de la vénérable Pauline-Marie Jaricot suppose qu’un courant de dévotion existe à son égard et qu’il soit donné témoignages des grâces, voire des guérisons attribuées à son intercession.

(source: Archidiocèse de Lyon, France)

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