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10 Avr 2026

« Je n’oublierais jamais le CAM 6 à Porto-Rico »

Par l'abbé Alexandre Kabera

J’ai eu la grâce de participer au 6e Congrès missionnaire de l’Amérique (CAM 6) que j’ai vécu du 19 au 24 novembre 2024. Les années passent, et pourtant je garde encore de précieux souvenirs de cette expérience qui m’a tant apportée.

Je me rappelle de la messe d’ouverture. Le chant d’entrée était Virgen de la Providencia. Nous étions le jour de l’indépendance de l’île de Porto-Rico, qui coïncidait avec la fête de la Vierge de la Providence. L’ambiance était festive, joyeuse, et profondément marquée par la dévotion à la Vierge Marie. Cela a réveillé en moi des émotions qui rappellent ses qualités : douceur, docilité et obéissance à la volonté du Seigneur. Les Portoricains appellent souvent leur île « Boriquén », dérivé de « Borikén », son nom indigène taïno, qui signifie « Terre du vaillant seigneur ».

L’accueil dans les familles, un rappel du partage des premiers chrétiens

Dans la ville hôte de Ponce, nous avons été hébergés dans des familles et des paroisses. Avec mon groupe, nous étions à Santa Isabel, un village à côté de Salinas. Nous avons partagé le quotidien des personnes qui nous accueillaient : prière, repas, échanges fraternels. Passionné d’études bibliques, cette réalité m’a inspiré une lecture à la lumière des Actes des Apôtres. Les premiers chrétiens, « persévéraient dans l’enseignement des Apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Actes 2, 42). J’y ai découvert deux réalités marquantes : les ouragans — qui sont très communs dans cette région du Caraïbe — et l’entraide.

La foi chrétienne, source de résilience pour surmonter le trauma des ouragans

Le père de la famille qui m’hébergeait, catéchiste engagé, me parlait souvent des ouragans. En moyenne, un ouragan frappe l’île tous les deux ans. Le dernier, Ouragan Fiona, a laissé le village sans électricité pendant plusieurs mois. Malgré cela, une solidarité remarquable se manifeste : les gens s’appellent, prennent des nouvelles, veillent les uns sur les autres. Et après l’épreuve, ils se retrouvent à la messe pour rendre grâce à Dieu et se souhaiter la paix et la santé. J’ai compris que la croyance en Jésus-Christ peut servir de ressource, de résilience, face au traumatisme des ouragans. Cela peut s’appliquer à chacun et à chacune de nous dans ce que nous vivons au quotidien.

Un rassemblement qui rappelait la scène de la Pentecôte

Un matin, lors d’un temps de prière, nous avons vécu le renouvellement des promesses baptismales. Ce moment m’a profondément marqué, surtout en me préparant intérieurement à célébrer en 2025 le jubilé de mes 25 ans de sacerdoce. Le baptême, source de toute vie chrétienne, nous unit comme un seul peuple dans une même alliance avec le Christ. Le CAM 6 n’a pas été seulement un temps de conférences, mais une véritable expérience de vie nouvelle en Jésus-Christ, inspirée par l’Esprit saint.

Le samedi matin, veille de la fin du Congrès, nous sommes allés visiter des personnes malades dans les familles et les centres. Ceux qui nous accompagnaient nous présentaient comme des missionnaires. Pour la première fois, j’ai compris intérieurement la profondeur de ce mot. Être missionnaire, c’est être envoyé. Le Seigneur accompagne ses envoyés, et le véritable miracle se trouve souvent dans l’accueil de la Parole par ceux qui la reçoivent avec foi. Cette expérience m’a rappelé la parole de l’Évangile selon Marc (16, 20) : « Ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient ».

Le CAM 6, plus qu’un congrès missionnaire

J’avais souvent réfléchi à la mission ad gentes (vers les autres peuples). Le CAM 6 m’a aussi permis de vivre la mission ad intra, celle qui transforme le cœur du missionnaire. J’ai confié au père Yoland Ouellet, qui nous accompagnait à Porto-Rico, que, pour moi, le CAM 6 n’avait pas été seulement un congrès missionnaire, mais un véritable pèlerinage spirituel et missionnaire. Il en fut étonné. Pour ma part, j’en demeure profondément convaincu.

Que le Seigneur guide nos pas sur le chemin menant au CAM 7 au Brésil, en 2029. Ce qui semblait lointain devient déjà proche. Le temps passe, et nous passons avec lui. Mais la Parole de Dieu demeure. Qu’elle soit la lumière sur nos chemins et qu’elle nous conduise fidèlement dans la Mission.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers le père Yoland, ainsi qu’à toute son équipe des OPM au Canada, pour leur engagement généreux dans la préparation et l’accompagnement de notre participation au CAM 6.

Comme Marie a dit oui au message de l’ange du Seigneur (Lc 1, 38), que tout nous advienne selon la Parole de Dieu. Que la Vierge de la Providence, Reine de la Mission, prie pour nous. Le chemin de nos pas comme missionnaires traverse le temps et nous conduit vers l’éternité.

 

Photo: L’abbé Kabera (au centre, avec le pousse levé) lors de la messe d’inauguration du CAM 6, accompagné de prêtres faisant partie de la délégation canadienne.

 

(Photo: OPM Canada)

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