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24 Mar 2022

Martyrs du catéchisme: des histoires qui méritent d’être connues

Aujourd’hui, en la Journée des martyrs missionnaires, l’agence Fides y consacre un dossier spécial à quelques figures de « catéchistes-martyrs » dans le monde.

Aujourd’hui c’est la Journée des martyrs missionnaires, une initiative des Œuvres pontificales missionnaires en Italie mise à l’œuvre il y a trois décennies, afin d’en faire mémoire sous le signe de la prière, de la réflexion, du jeûne et des œuvres de charité.

Cette année, l’agence Fides y consacre un dossier spécial à quelques figures de « catéchistes-martyrs ». En effet, il existe de nombreux catéchistes sur tous les continents qui sont restés fidèles au mandat reçu d’annoncer le Christ et son Évangile jusqu’au sacrifice suprême de leur vie. Des hommes, des femmes et même des enfants, animés par l’Esprit, le « moteur » de la Mission, ont été d’authentiques « témoins de sang » du Christ. Comme l’écrit le pape François, « la longue lignée de bienheureux, de saints et de martyrs qui ont marqué la mission de l’Église mérite d’être connue car elle constitue une source féconde non seulement pour la catéchèse, mais pour toute l’histoire de la spiritualité chrétienne ». (Antiquum ministerium, n. 3) Se souvenir d’eux ne signifie donc pas regarder vers le passé, car leur témoignage évangélise encore aujourd’hui et est une source de vie pour les nouveaux chrétiens.

Pour certains d’entre eux, la cause de béatification et de canonisation est en cours, comme pour la mère catéchiste Luisa Mafo et les 23 catéchistes qui ont été tués avec elle à Guiúa, au Mozambique, le 22 mars 1992, pendant la guerre fratricide qui ensanglantait le pays, alors qu’ils étaient réunis avec leurs familles pour un cours de formation. L’enquête diocésaine a également été achevée pour le catéchiste indigène Simão Bororo, martyrisé avec le père Rodolfo Lunkenbein dans la mission salésienne de Meruri, dans le Mato Grosso. Leur mort, le 15 juillet 1976, s’inscrit dans le climat brûlant de la démarcation des terres et de la défense des droits des Indios.

Il y a aussi plusieurs catéchistes-martyrs que l’Église a officiellement inscrits parmi les bienheureux. Certains d’entre eux sont les premiers bienheureux de leur nation, une reconnaissance de leur foi et de leur travail pour la cause de l’Évangile : le catéchiste Isidoro Ngei Ko Lat, premier bienheureux du Myanmar ; le catéchiste Peter To Rot, premier bienheureux de Papouasie-Nouvelle-Guinée ; le catéchiste Paul Thoj Xyooj, dans le groupe des premiers martyrs du Laos.

Très souvent, ils sont morts avec les missionnaires avec lesquels ils ont accompli l’œuvre d’évangélisation, unis dans la vie comme dans le témoignage suprême de la foi qu’ils ont proclamée : le père Mario Vergara et le catéchiste Isidoro Ngei Ko Lat, au Myanmar ; au Guatemala, les martyrs du diocèse de Quiché et le père Tullio Maruzzo avec le catéchiste Luis Obdulio Arroyo ; le père Mario Borzaga et le catéchiste Paolo Thoj Xyooj, au Laos. Dans les lieux où une présence stable de prêtres n’est pas possible, les catéchistes continuent à évangéliser, à préparer aux sacrements, à guider la prière, à aider ceux qui sont dans le besoin, déterminés à payer de leur vie leur profession de foi : ainsi les jeunes catéchistes ougandais Davide Okelo et Gildo Irwa ; l’instituteur et professeur de foi Ramose Lucien Botovasoa, à Madagascar ; Peter To Rot, un père de famille aimant et un catéchiste intègre en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Les évêques du Guatemala ont écrit à l’occasion de la béatification des martyrs de Quiché : « Béni soit le sang versé par nos frères, parce que par leur témoignage ils nous ont montré ce que signifie aimer Jésus-Christ… Bénis soient les martyrs d’un peuple indigène béni par la foi en Jésus-Christ, parce qu’ils nous ont montré jusqu’où peut aller le dévouement d’un catéchiste ou d’un missionnaire ».

Enfin, nous rapportons la liste des catéchistes tués ces dernières années, selon les informations recueillies par l’agence Fides. Nous n’utilisons pas pour eux le terme de martyrs, sauf dans son sens étymologique de témoins, afin de ne pas entrer dans le jugement que l’Église pourrait éventuellement porter sur certains d’entre eux. À ces listes provisoires, il faut toujours ajouter la longue liste de ceux, nombreux, dont nous n’entendons peut-être jamais parler ou dont nous ne connaissons même pas le nom, qui, aux quatre coins du monde, souffrent et paient de leur vie leur foi en Jésus-Christ. Cette foule, qui n’est pas de mort mais de vie pour toute l’Église, rappelle le livre de l’Apocalypse, chapitre 7, où devant le Trône et l’Agneau se trouvait « une grande foule, que personne ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue… Ce sont ceux qui ont traversé la grande tribulation et qui ont lavé leurs robes, les blanchissant avec le sang de l’Agneau ».

« L’Homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres », affirmait le Saint-Père Paul VI dans Evangelii nuntiandi, avec une expression largement connue, reprise également par le pape François : « le monde d’aujourd’hui a un grand besoin de témoins ». Pas tant des enseignants, mais des témoins. Ne parlez pas beaucoup, mais parlez avec toute votre vie » (18 mai 2013). C’est ce qu’ont fait ces catéchistes, et leur histoire mérite donc d’être connue.

 

(Photo: PublicDomainPictures de Pixabay)

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